La musique de film




L'Union des Compositeurs de Musiques de Films (ucmf)


Jacques Davidovici , Gréco Casadesus et Cyril Morin au festival d'Auxerre en 2003

L'Union des Compositeurs de Musiques de Film (UCMF) fut créée en 2002 : j'en fus le président de 2002 à 2005 et administrateur jusqu'en 2009. Le conseil d'administration décida à l'unanimité, en 2005, de me nommer Président d'honneur, ce qui me fit un immense plaisir.

L'une des expériences les plus exaltantes de ma vie professionnelle (mais aussi l'une des plus éprouvantes) consista à piloter l'UCMF. J'ai toujours eu une légère propension à m'intéresser au sort d'autrui et, dans ce cas précis, je fus bien servi !
Mais avant d'aller plus loin, voici un bref historique de notre association.
Un jour de 2001, le groupe 25 images qui réunit des réalisateurs défendant la qualité et l'originalité des films TV, s'intéresse à la musique de film et invite une trentaine de compositeurs à débattre de la situation et de l'avenir de cette profession. Il s'avère qu'un regroupement de compositeurs pourrait être très souhaitable pour défendre la place de la musique dans l'écriture cinématographique ; l'idée va très vite germer et, en mai 2002, au festival de Cannes, une poignée de compositeurs, sous l'impulsion de Cyril Morin, décident de constituer une association et me demandent d'en assurer la présidence. J'accepte bien volontiers.



Un dîner de l'UCMF, le 8 juin 2004 au Select, Bd du Montparnasse...

L'assemblée générale fondatrice se tiendra au Forum des Images le 16 septembre 2002 et rassemblera une trentaine de signataires. Nous annonçons publiquement la naissance de l'UCMF au Festival d'Auxerre en octobre 2002.
Les objectifs, tels que décrits dans notre manifeste, sont : Exister, Inciter, Expliquer.
Ce regroupement non syndical a pour vocation de défendre et expliquer les attributs d'une profession indispensable à l'écriture cinématographique. L’UCMF va donc organiser de nombreuses rencontres professionnelles, forums, débats, projections, concerts, dîners, et participer aux manifestations les plus significatives du cinéma français et international en menant par ailleurs de nombreuses actions auprès des institutions (comme le CNC, la SACEM, la SACD, la DMDTS....).
En 2005, date à laquelle je quitte la présidence, l'UCMF est constituée de plus de 100 membres réunissant de nombreux compositeurs dont, parmi les plus connus, Vladimir COSMA, Gabriel YARED, Bruno COULAIS, Didier LOCKWOOD, Antoine DUHAMEL, Francis LAI, Jean-Claude PETIT, Claude BOLLING, Laurent PETITGIRARD….

Durant ces trois premières années de responsabilités (que je prends très au sérieux), je mets en place avec une équipe de choc (à laquelle participent les compositeurs Dominique Verdan, Pierre-André Athané, Gilles Tynaire, Bernard Grimaldi ainsi que le très efficace Jacques Davidovici) qui va faire naître une série d'actions significatives et ainsi éclairer notre profession d'un angle nouveau. Séverine Abhervé (coordinatrice) et Stephen Melchiori (conseiller à la communication) apportent une collaboration très complémentaire à nos travaux.
Il m'est impossible de résumer tout ce qui s'est produit pendant cette période, mais des extraits de quelques-uns de mes discours rapportent l'essentiel des actions menées.
Je garde en mémoire, quant à moi, la satisfaction d'avoir pu œuvrer avec le Conseil afin que puissent exister un premier pavillon international de la musique de film à Cannes en 2005, un système de soutien à la création musicale pour l'image au CNC et à la SACEM, et deux grands prix "Musique de Film", l'un à la SACEM, et surtout le double prix UCMF – FRANCE MUSIQUE remis lors du Festival de Cannes et accompagné d'un concert prestigieux avec le concours de l'Orchestre de la région Paca.
J'ai souhaité, au travers de l'UCMF, réunir des artistes qui étaient souvent isolés et qui, de ce fait, ne communiquaient pas facilement. J'ai le sentiment d'avoir réussi, d'avoir exprimé au mieux mon potentiel de fédérateur et j'en suis fier.



La montée des marches des compositeurs au festival de Cannes 2005...

Ma fonction de Président de l'UCMF m'apporta nombre de satisfactions , me permettant de découvrir beaucoup de compositeurs dont certains autant talentueux que peu sollicités. Je me suis également découvert des qualités que je ne me connaissais guère comme celle d'orateur et de fédérateur. Jusqu'au jour, où, décidé à faire un bilan personnel de mes engagements et priorités, je me suis aperçu que plus de la moitié de mon temps était attribuée à l'UCMF (c'est-à-dire jusqu'à 4 jours pas semaine…).
Bénévolement.

Il me fallut également faire le constat suivant : les commandes de musique étaient inversement propositionnelles à la (bonne) réputation qui s'était associée à ma fonction de président… En France, c'est ainsi : les casquettes ne s'empilent pas facilement et la voie politique signifie souvent qu'on a abandonné la vocation artistique. Le bénévolat a ses limites, surtout lorsque le droit d'auteur est la seule ressource sur laquelle on peut compter. Et le droit d'auteur ne vous nourrit plus si vous le ne nourrissez pas ! Je fis donc le choix de m'occuper un peu plus de moi et de ma musique.

En 2002, au Festival d'Auxerre, j'avais annoncé qu'il fallait engager un processus de fédération afin de rassembler toutes les associations européennes de compositeurs à l'image. L'idée fit son chemin et en janvier 2006, au MIDEM, nous annoncions la création de FFACE (Federation of Films and Audiovisual Composers in Europe). Avec un imprévu : alors qu'il avait été convenu que j'en prendrais la présidence, j'ai décliné cette responsabilité pour désigner à ma place Bernard Grimaldi.

Les raisons qui m'ont poussé à refuser cette nouvelle responsabilité sont les mêmes que celles qui m'ont entraîné à me recentrer sur la créativité. Bernard Grimaldi fait, depuis lors, un excellent travail et je ne regrette rien. Cela ne se fit pas sans douleur : car résister aux arguments qui touchent de plein fouet votre ego, sollicitant votre orgueil de telle façon que la notion d'objectifs fondamentaux risque d'en être altérée, est un exercice dans lequel les doutes vous affrontent en permanence.
Mais, dans la vie, savoir ce qu'on veut et surtout l'appliquer n'est pas toujours aisé …

Liens :

Discours de l'AG d'octobre 2003

Discours de l'AG d'octobre 2004

L'édito de la brochure du festival de Cannes 2005

Extrait du discours d'inauguration du pavillon de la MdF à Cannes 2005

Message d’un président ému... (octobre 2005)