Voyage immobile

(1980) Vinyle LP


Grandeur et décadence de rêves d'artistes ! 1980, c'est l'époque où Clayderman vend des millions de disques sous la bannière d'un néo--romantisme reconditionné à partir de recettes caricaturales…
Et tous les producteurs de disques rêvent d'égaler le score pharamineux détenu par Delphine productions…

En 1979, alors que je sens que ma place chez EMI est menacée en raison des très mauvais résultats de l'industrie du disque (le CD n'existe pas encore), je me mets au piano et compose une série de mélodies qui seront mes toutes premières compositions. C'est une période libératoire au cours de laquelle jaillit ce qui était depuis trop longtemps contenu. Ces mélodies sont simples, mais surtout pas insipides (!), et j'imagine déjà les arrangements qui vont les pimenter.
Mes amis de l'époque sont Claude Mainguy, Jean-Jacques Peruchon, et Joël Ardouin : ils animent le studio Saint-Jérôme sis à Paris 18e et c'est tout naturellement avec eux que je fais les premières maquettes de Voyage Immobile.
Puis tout va très vite. Margaret Lanclos, une amie qui est attachée de presse chez Musidisc, convaincue par ma musique, me présente aux frères Grandchamps des Raux, qui dirigent cette unité de production et de distribution discographique. L'atmosphère de mes mélodies, la présence d'un orchestre, la magie du piano et mon nom sont, vraisemblablement, des facteurs décisionnaires.


Musidisc met le paquet : achats d'espaces, promo intensive, mise en place importante, ça démarre fort !
voir les vidéos de l'époque


Mais je vais très vite déchanter… Un beau matin, on m'appelle et j'entends ceci :
On est très heureux d'avoir produit ce disque, il est très beau, mais, en fait, la musique instrumentale, c'est pas notre créneau, on ne sait pas comment s'y prendre et on ne va pas continuer avec toi !

Musidisc rompt unilatéralement le contrat et me laisse choir. Je me défends très mal, ne négocie pas de contrepartie, bien au contraire, puisque je rachète les bandes multipistes à prix d'or …


Environ un an plus tard, je me rends au Midem à Cannes avec un éventail de nouvelles mélodies. Je présente mes œuvres à Régis Talar qui dirige Tréma et, peu de temps après, je signe une nouvelle fois un contrat de 3 ans. Cette fois-ci, pas d'orchestre : tout l'accompagnement de l'album "Les Oiseaux de Rivière Noire" est produit par ma batterie de synthétiseurs dont le fameux PPG Wave 2.2 que je viens d'acquérir.
Ce mélange piano / sonorités électroniques est nouveau et plait.

Le disque sort. Mais, tandis que la réaction des radios libres est très enthousiaste, aucun signe de promo ne me parvient de Trëma…
Un beau matin, Gérard Melet, mon directeur artistique, m'appelle et j'entends ceci :
On est très heureux d'avoir produit ce disque, il est très beau, mais, en fait, la musique instrumentale, c'est pas notre créneau, on ne sait pas comment s'y prendre et on ne va pas continuer avec toi !
Et Tréma rompt unilatéralement mon contrat et me laisse choir.
Maintenant, cherchez l'erreur !

Les titres de Voyage Immobile :

Face A
1. VOIE LACTEE - 2'52 / 2. PROMENADE EN LA MAJEUR - 2'25 / 3. SABLES D'AUTOMNE - 4'10 / 4. LE LAC GELÉ - 2'49 / 5. NUIT BLANCHE - 4'42

Face B

1. VOYAGE IMMOBILE - 3'26 / 2. LE ROUGE ET LE NOIR - 2'26 / 3. LE JARDIN SECRET - 3'50 /
4. LES LARMES DE JULIE - 2'30 / 5. AURORE - 4'18

Musique composée et interprétée au piano par GRECO CASADESUS
Arrangements de Benoît KAUFMAN (A1, 2, 4 & 5 et B1, 3 & 4) et Gréco CASADESUS (A3, B2, & B5)


Voie lactée Voie lactée
Voyage immobile Voyage immobile
Les larmes de Julie Les larmes de Julie
Nuit Blanche Nuit Blanche

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